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Étude : les troubles de santé mentale chez les kickboxeurs nécessitent davantage d'attention

Les kickboxeurs qui disputent ou ont disputé des combats au plus haut niveau souffrent souvent de troubles de santé mentale. Telle est la conclusion de chercheurs du centre médical universitaire d'Amsterdam (Amsterdam Universitair Medisch Centrum). Des dizaines de kickboxeurs des classes A et B ont participé à cette étude.
Quelle est la fréquence des troubles de santé mentale chez les kickboxeurs d'élite actuels et anciens, et existe-t-il un lien entre ces troubles et les blessures graves ou les commotions cérébrales ? Telle était la question de recherche de Sharaisha Bilgoe, Gino Kerkhoffs et Vincent Gouttebarge.
Ont participé à cette étude 45 kickboxeurs actuels et 29 anciens kickboxeurs de la classe A ou B, les niveaux internationaux les plus élevés. Les données ont été recueillies au moyen d'un questionnaire numérique anonyme, disponible en néerlandais et en anglais. La Nederlandse Vechtsportautoriteit (autorité néerlandaise des sports de combat) a apporté un soutien pratique aux chercheurs, car elle souscrit à l'importance de ce type de recherches.
Pour mesurer les troubles de santé mentale, les chercheurs ont utilisé des questionnaires reconnus au niveau international. En termes scientifiques : ils ont utilisé des instruments de dépistage validés issus de l'International Olympic Committee Sport Mental Health Assessment Tool 1 (SMHAT-1).
Les sportifs ont rempli des questionnaires portant sur le stress psychologique, l'anxiété, la dépression, les troubles du sommeil, la consommation d'alcool et de drogues et d'éventuels troubles du comportement alimentaire. Des informations ont également été recueillies sur les blessures graves et les commotions cérébrales.
Résultats
Les résultats montrent que les troubles de santé mentale sont fréquents chez les kickboxeurs de compétition de haut niveau. Parmi les kickboxeurs d'élite actuels, plus de la moitié souffrent de stress psychologique et de troubles du comportement alimentaire. Près d'un sur cinq présente des troubles du sommeil. Un combattant de compétition sur six connaît des problèmes d'abus d'alcool. Des troubles anxieux, des dépressions et une consommation de drogues ont également été signalés.
Parmi les anciens kickboxeurs d'élite, plus de quatre sur dix déclarent avoir des problèmes d'abus d'alcool. Plus d'un sur trois souffre de troubles du sommeil et un quart éprouve encore du stress psychologique après la fin de sa carrière de compétition. Une part équivalente souffre de troubles du comportement alimentaire, même après l'arrêt de la compétition.
Conclusions
Les chercheurs concluent que les problèmes de santé mentale sont souvent présents chez les kickboxeurs d'élite. Le niveau élevé de stress psychologique et de troubles du comportement alimentaire chez les sportifs actifs, ainsi que la consommation fréquente d'alcool chez les anciens sportifs de compétition, sont particulièrement frappants. Aucun lien n'a toutefois été constaté entre les troubles de santé mentale et les blessures graves ou les commotions cérébrales. C'est notable, car de tels liens ont déjà été établis dans d'autres sports. Les chercheurs estiment que cela pourrait s'expliquer par la manière dont les troubles sont rapportés, par des facteurs culturels propres aux sports de combat et par l'ampleur limitée de l'étude.
Les auteurs soulignent la nécessité d'accorder davantage d'attention à la santé mentale dans le monde du kickboxing. Ils recommandent l'intervention structurelle de médecins du sport et de psychologues, une meilleure information sur les commotions cérébrales et la lutte contre la stigmatisation des problèmes de santé mentale. Ils insistent également sur l'importance d'études complémentaires, de préférence avec un plus grand nombre de participants.
La Nederlandse Vechtsportautoriteit encourage les sportifs et anciens sportifs sollicités pour ce type de recherches à y participer. Il est notamment dans l'intérêt des jeunes sportifs que nous comprenions mieux les problèmes possibles, afin de pouvoir agir de manière ciblée pour les prévenir.
A preliminary study on the prevalence of mental health symptoms in current and former elite kickboxers and their possible association with severe musculoskeletal injuries and concussions
Image : Nemesia Production