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Jorina Baars : « Travailler avec ce public me met aussi au défi »

5 min de lecture

La campagne intersports Onze Club Is Voor Iedereen (Notre club est pour tout le monde) met l'accent sur la diversité et l'inclusion. Ces termes sont peut-être un peu à la mode, mais il s'agit simplement du fait que chacun est bienvenu. Les sports de combat sont depuis toujours très variés, y compris pour ce qui concerne les origines des pratiquants. Il reste toutefois des possibilités d'amener de nouveaux groupes à franchir le pas. Par exemple des combattants présentant un handicap physique ou mental. Dans cette série, nous mettons en lumière quelques salles de sport susceptibles d'inspirer d'autres clubs à s'adresser également à un public plus large.

SportsArt Den Helder, la salle du phénomène du kickboxing et du muaythai Jorina Baars, est une salle de sport « ordinaire », où chacun est bienvenu pour s'entraîner à son propre niveau. Mais SportsArt propose aussi des cours spécifiques pour un groupe particulier de sportifs. Le lundi matin et le jeudi soir, un groupe se retrouve sur le tatami avec un défi supplémentaire : la maladie de Parkinson.

Les sports de combat sont déjà complexes pour le sportif moyen. Qu'en est-il pour les personnes atteintes de la maladie de Parkinson ?
« Dans les sports de combat, il faut garder son équilibre, bien répartir son énergie, maintenir sa garde, lire son adversaire et placer ses attaques. Même dans sa forme la plus simple, la boxe est déjà une double tâche : il faut se déplacer et frapper. Or la maladie de Parkinson rend précisément plus difficile la combinaison de différentes tâches. Mais s'y entraîner offre aux patients exactement l'exercice dont ils ont besoin. Des recherches scientifiques montrent que la boxe ralentit l'évolution de la maladie. »

Comment avez-vous eu l'idée de donner des cours de Parkinson Boxing ?
« Mon voisin, qui est atteint de la maladie, m'a signalé un article sur une étude montrant que la boxe a un effet ralentissant sur l'évolution de Parkinson. Et plus tard dans la journée, Danique de Klein, qui est devenue ma partenaire dans ce projet, est arrivée avec le même article. C'est ainsi qu'est née l'idée de proposer des entraînements. »

D'où tirez-vous les connaissances nécessaires pour le faire ?
« Danique travaille comme gestionnaire de dossiers (casemanager) chez Geriant, une organisation destinée aux personnes confrontées à des troubles de la mémoire et à la démence. Elle donne régulièrement des cours de kickboxing ou de sac de frappe à SportsArt. Ensemble, nous avons suivi et réussi la formation Parkinson Boxing. Parkinson Boxing est soutenu par ParkinsonNet. Nous sommes en outre en contact avec un kinésithérapeute spécialisé dans la maladie de Parkinson. Même après la formation, nous continuons à apprendre. J'ai par exemple aussi suivi un cours de perfectionnement pour infirmiers sur la maladie de Parkinson. »

N'est-il pas risqué de faire pratiquer un sport de combat à des personnes ayant des problèmes de santé ?
« La Parkinson Boxing se pratique sans réel contact. Nous frappons uniquement sur les gants de boxe de l'autre ou sur le sac de frappe. Certainement pas à la tête. Nous développons les entraînements de manière très adaptée au public afin de les rendre aussi sûrs que possible. Car il s'agit de bien plus que de s'entraîner avec des gants de boxe. Nous faisons aussi des circuits, des exercices avec des ballons qui rebondissent, des lancers et des réceptions de ballons, tant à gauche qu'à droite. Le fil rouge est en fait toujours le même : faire des choses simultanément. Cela peut aussi consister à se lancer un ballon en citant chaque fois un prénom commençant par la lettre suivante de l'alphabet : Annie, Bertus, Corrie, Daniel, et ainsi de suite. Cela permet aussi de varier plus facilement. »

Qu'est-ce qui rend cela intéressant pour vous, en tant que gérante de salle et entraîneuse ?
« C'est un public tout à fait différent. Cela demande un peu plus de patience, mais cela me pousse aussi à me développer moi-même. Je pourrais bien enchaîner trente ans les mêmes entraînements « ordinaires », mais avec plus de variété, mon travail reste évidemment plus longtemps intéressant. »

Ce nouveau public change-t-il votre salle de sport ?
« Nous avions déjà depuis toujours un public très large, littéralement de 6 à 86 ans. Mais ce groupe a ses propres défis, et tout le monde doit un peu en tenir compte. Cela se passe cependant bien avec le public régulier. Je constate que lorsqu'une personne du groupe Parkinson a une moins bonne journée et marche très difficilement, les kickboxeurs de compétition l'aident lorsqu'il doit se rendre au vestiaire ou en revenir, ou prendre l'escalier. Je trouve cela beau. »

Bénéficiez-vous d'un soutien de fonds ou d'institutions ?
« Malheureusement pas encore. J'ai compris que des démarches sont en cours pour obtenir un remboursement par l'assurance maladie, mais ce n'est pas encore possible. Je pense que ce serait une bonne chose, car cela abaisse le seuil si les frais sont pris en charge. »

Avez-vous des conseils pour d'autres gérants de salles de sports de combat qui souhaitent faire quelque chose de similaire ?
« Si vous pensez pouvoir faire preuve de patience, car c'est bien une condition, je vous encourage à essayer. Cela apporte une valeur ajoutée à votre salle, c'est bon pour la cohésion et le caractère social de la salle. Et en faisant cela, votre salle a aussi une valeur ajoutée pour la société. Et surtout pour le public concerné, qui peut être un sportif un moment, et non un patient. »

Notre club est pour tout le monde
Si l'offre est bien adaptée à la demande, de plus en plus de personnes trouveront le chemin de la salle de sports de combat. Dans cette série d'articles, nous mettons en lumière des salles qui touchent avec succès de nouveaux groupes et ont développé une culture d'inclusion. Dans l'espoir que ces « best practices » en inspirent d'autres. La campagne Onze club is voor iedereen (Notre club est pour tout le monde) offre, à l'initiative du comité olympique et sportif néerlandais (NOC*NSF), un soutien aux clubs, associations et entrepreneurs du sport qui souhaitent s'engager activement en faveur de la diversité et de l'inclusion. Une carte des interventions a été élaborée à cet effet, comprenant notamment des ateliers et des programmes de formation gratuits.

Précédemment dans cette série :

Notre salle de sports de combat est pour tout le monde

No Limits Gym : « L'inclusion doit aller de soi »

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