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« L’inclusion doit aller de soi »

La campagne intersport Notre club est pour tout le monde met l’accent sur la diversité et l’inclusion. Des termes peut-être un peu à la mode, mais il s’agit simplement de faire en sorte que chacun soit le bienvenu. Les sports de combat sont depuis toujours très colorés, y compris quant aux origines des pratiquants. Il reste pourtant des occasions à saisir pour amener de nouveaux groupes à franchir le pas. Par exemple des combattants en situation de handicap physique ou mental. Nous mettons en lumière quelques salles susceptibles d’en inspirer d’autres à s’adresser à un public plus large. Cette fois : No Limits Gym à Nieuwerkerk aan den IJssel.
Lorsque Antoine Schutte a ouvert une salle, il voulait un nom qui exprime que tout le monde y est vraiment le bienvenu. « Personnes avec et sans handicap, lesbiennes, gays, transgenres ou bisexuelles, hommes, femmes, enfants, quelle que soit leur origine ou la couleur de leur peau », précise expressément le site. « Il est important de savoir que c’est une salle dont le respect, l’égalité, la bienveillance, la sécurité et l’esprit sportif sont l’âme, et que l’on incarne cela quand on s’y entraîne. »
Antoine s’est longtemps consacré au wushu et a intégré l’équipe nationale dans les années 90. Mais il s’est diversifié et a également pratiqué la boxe, le kick-boxing et le jiu-jitsu. Parallèlement à sa carrière professionnelle, il travaille dans l’informatique du secteur des soins, Antoine est resté actif dans le sport.
« J’encadrais des footballeurs et des joueurs de tennis et je réfléchissais à l’idée d’ouvrir ma propre salle. Mais pas n’importe quelle salle avec des clients anonymes : je voulais connaître tout le monde. Et j’avais déjà remarqué qu’il existait peu d’offre pour les personnes en situation de handicap. Une chose à laquelle j’étais peut-être un peu plus attentif grâce à une nièce handicapée. »
« J’ai commencé dans une salle de gymnastique occupée en antisquat et j’ai déménagé en 2016 vers mon emplacement actuel. C’est un loisir qui a pris de l’ampleur. J’ai toujours un emploi dans l’informatique, je ne veux pas dépendre de mes activités sportives. Je ne veux pas être contraint de dire oui à la tentation de donner des séances de coaching personnel à des gens fortunés. L’accessibilité du sport pour les personnes à faibles revenus me tient beaucoup à cœur. C’est pourquoi je travaille au sein d’une fondation, sans but lucratif, et que je continue à travailler à côté. »

Antoine Schutte dans sa salle
« Cela a tout de suite marché, je pense aussi parce qu’il existait peu d’offre pour les personnes en situation de handicap. Mais il a surtout fallu un temps d’adaptation pour les personnes sans handicap. Elles doivent apprendre à interagir avec quelqu’un qui a un handicap. Peu de gens reçoivent cela de leur éducation. Il n’est pas nécessaire de parler lentement à quelqu’un en fauteuil roulant, par exemple. Mais cela évolue, et c’est là aussi que j’ai un rôle d’accompagnateur. »
« Si l’inclusion signifie un cours séparé pour chacun, alors je décroche. Je ne veux pas trier les gens par couleur, par origine ou par préférence sexuelle, mais être ouvert au point que chacun soit naturellement le bienvenu et pratique avec les autres. Avec et sans handicap, mélangés autant que possible. »
« La satisfaction que j’en retire est grande. Un de mes élèves avait une lésion médullaire, on pensait qu’il ne pouvait plus rien faire de ses jambes. Mais pendant l’entraînement, j’ai vu un pied bouger. On a alors réexaminé cela et il s’est avéré qu’il s’agissait d’une lésion partielle et non complète. À partir des entraînements de kick-boxing, nous avons développé petit à petit sa capacité à bouger. Nous constatons des progrès et il contrôle de mieux en mieux son propre corps. Cela procure une immense satisfaction, ce qui bien sûr me motive durablement. »
« Aux autres exploitants qui veulent ouvrir un peu plus leur porte aux personnes en situation de handicap, ou avec un passé difficile, je veux donner un conseil : restez dans ce que vous savez faire. J’ai par exemple aussi accompagné des jeunes qui étaient suicidaires. Par le sport, je peux les aider à se sentir mieux, mais je ne dois pas me prendre pour un psychologue. L’essentiel reste le sport. »
La campagne Notre club est pour tout le monde propose, par l’intermédiaire du NOC*NSF, un soutien aux clubs, associations et entrepreneurs du sport qui veulent s’investir activement dans la diversité et l’inclusion. Une carte des possibilités a été élaborée à cet effet, avec notamment des ateliers et des programmes de formation gratuits.