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De sport interdite à sport reconnue, voilà l'objectif

8 min de lecture
Congres Nederlandse Vechtsportautoriteit 2021 Peter Kwint, Remy Bonjasky, Anneke van Zanen

Peter Kwint met fin à son mandat de membre du conseil d'administration de la VA, mais il ne s'en va pas. « Nous avons fait un bond énorme ces dernières années, surtout grâce au secteur lui-même. Mais nous n'en sommes pas encore là. »

En 2014, Peter Kwint, alors conseiller municipal à Amsterdam, a été invité à réfléchir à l'avenir des sports de combat aux Pays-Bas. La situation était mauvaise et l'on savait que, en tant qu'amateur, cela lui tenait à cœur. Il en est résulté un brainstorming dans une salle de sport amstellodamoise avec des entraîneurs, des vétérans, des combattants en activité et de purs passionnés. Cette séance s'est avérée être l'une des nombreuses étapes vers la création de la Nederlandse Vechtsportautoriteit (l'autorité néerlandaise des sports de combat) en 2017.

Après six ans, il quitte aujourd'hui le conseil d'administration de cette organisation. Cette fonction bénévole était en effet de plus en plus difficile à combiner avec son mandat à la Chambre des représentants (Tweede Kamer) et avec la paternité. Mais il ne tourne pas le dos à la VA. Une fonction un peu moins exigeante en temps s'est libérée, qu'il peut assumer parallèlement à ses autres tâches : membre du conseil de surveillance (Raad van Toezicht) de la VA. Pourquoi ne met-il pas un point final à son passage à la VA ?

« Nous avons obtenu pas mal de résultats, mais nous sommes encore loin du but », conclut-il. « Quand nous avons commencé, de plus en plus de bourgmestres interdisaient des événements et les journalistes ne s'intéressaient à la discipline que lorsque quelque chose se passait mal. Nous n'y sommes pas encore, mais plus personne ne connaît désormais ce sport uniquement par ses aspects négatifs. Il y a un bel avenir pour ce sport aux Pays-Bas. Mais il devra le conquérir lui-même. C'est à la VA d'aider le secteur à y parvenir. Ce projet me semble trop beau pour l'abandonner. »

Le conseil d'administration de la VA détermine la politique de l'organisation. Le conseil de surveillance doit vérifier si le conseil d'administration respecte bien sa mission principale : atteindre et préserver un secteur des sports de combat régulé, sain, sûr et bien organisé. Cette tâche n'est-elle pas plus ennuyeuse ?

« Un peu plus ennuyeux, cela ne me dérange pas. En outre, c'est précisément là que réside un grand défi pour nous. Quand on est à l'œuvre, on rencontre parfois dans ce sport des choses dont on pense qu'elles pourraient mieux se faire. Et on veut alors s'en occuper en plus. Veiller sur cette mission principale, améliorer ce sport, c'est une belle tâche. Et puis tout dépend de la manière dont on la remplit. Le travail le plus intéressant de la VA est en réalité effectué par l'équipe d'audit. Ce sont eux qui se rendent le plus souvent sur les événements et dans les salles de sport, et c'est ce qu'il y a de plus beau. Mais rien ne m'empêche d'y montrer aussi le bout de mon nez, sauf peut-être le manque de temps. »

Les problèmes les plus aigus, ceux qui ont rendu nécessaire la création de la VA, sont résolus ou en voie de l'être. On met un ruban autour et on peut supprimer la VA ?

« Devenir superflu est évidemment le plus beau des objectifs. Et je le disais à l'instant, de grands pas ont réellement été franchis. Aux Pays-Bas, les événements dégénèrent rarement, voire plus jamais. Le dopage est combattu et l'on est de toute façon plus attentif à la santé des sportifs, surtout lorsqu'il s'agit d'enfants. Les autorités comme les médias adoptent une attitude bien plus positive envers les sports de combat, ce qui a considérablement amélioré leur statut social. Plus de personnes que jamais pratiquaient un sport de combat, jusqu'à ce que le coronavirus vienne tout gâcher et que l'ensemble des Néerlandais se mettent à bouger moins. Les plus grands problèmes sont ou seront traités, oui. Mais soyons honnêtes, nous n'y sommes pas encore. Je ne pense pas dire quelque chose de très controversé en affirmant que les contrôles antidopage plus stricts vont encore susciter des remous. Et dans d'autres domaines aussi, je crois que nous avons réellement progressé, grâce à la collaboration avec le secteur. Des pas plus grands que ce que j'imaginais à nos débuts. Les fondations sont posées. Mais elles ne le sont pas depuis longtemps. Ce progrès est fragile. Et il faut le préserver, parfois aussi se battre pour lui. »

Pour rester dans la métaphore : si des fondations ont été posées, que faut-il construire dessus ?

« On peut évidemment y ériger un immeuble d'appartements où chacun retourne dans son propre compartiment pour faire ses propres affaires. Neuf organisations, mais toujours pas comparables aux fédérations d'autres sports. Elles savent bien encadrer des compétitions avec leurs équipes d'officiels, mais ce que nous aimerions voir aussi, c'est une politique nationale de sport de haut niveau, une politique jeunesse, un soutien financier aux talents, des championnats des Pays-Bas reconnus, une affiliation au NOC*NSF, une contribution issue des fonds de loterie pour le développement du sport, et les mêmes règles du jeu pour tous. Il me semble logique de construire une maison dans laquelle tout le monde collabore sous un même toit, avec un bel étage pour le kickboxing, un pour le muaythaï et un pour les arts martiaux mixtes. Avec une seule fédération sérieuse au lieu de neuf organisations, mais où il y a de la place pour tous ceux qui font aujourd'hui partie de ces neuf organisations et qui veulent s'engager pour nos sports. Ainsi, toutes les connaissances et l'expérience acquises au cours des dernières décennies seront préservées et pourront être transmises aux générations suivantes. Soyons honnêtes. Ces dernières années, la VA a déjà régulièrement assumé des tâches que les fédérations individuelles ne pouvaient tout simplement pas accomplir. Mais qui font partie du rôle d'une véritable fédération sportive. Par exemple l'enregistrement central des combats dans le système Fightpassport, le contrôle antidopage, la représentation du secteur pendant la crise du coronavirus, le droit disciplinaire, l'exclusion des délinquants sexuels du sport, un système de licences pour les promoteurs et les matchmakers, l'élaboration d'exigences de qualité pour les salles de sport. Autant de choses que l'on ne peut vraiment bien faire que s'il existe une seule organisation. Et qui, en réalité, ne relèvent pas d'un organe de contrôle comme la VA, mais d'une fédération. Et les organisations existantes n'ont pas besoin de se dissoudre, elles peuvent tout simplement continuer d'exister, mais au sein de cette fédération. Les équipes actuelles d'officiels des organisations existantes peuvent alors continuer à travailler dans la même composition, si elles le souhaitent. Les médecins de ring, les matchmakers, les formateurs : il peut y avoir une place pour chacun dans une telle nouvelle maison. Mais alors ensemble sous un même toit, en collaborant, dans l'intérêt du sport, et affiliés au NOC*NSF, afin que toutes les personnes issues de ce sport aient droit, comme dans d'autres sports, à l'ensemble des installations et possibilités offertes au sport organisé. C'est ainsi que je verrais l'organisation de préférence. Et je crois qu'il existe un large soutien pour cela parmi les exploitants de salles de sport et les sportifs. Et pensez à ce que cela signifierait pour les amateurs. Si vous avez bientôt tout simplement une lutte reconnaissable pour le titre ? »

Et les promoteurs ? S'il n'y a qu'une seule fédération, les organisateurs d'événements deviennent-ils superflus ?

« Absolument pas, ils doivent pouvoir continuer à faire leur travail. Des tournois locaux pour les jeunes à WFL, LFL, Enfusion, Glory : que chacun fasse surtout ce dans quoi il est fort. Mais en plus de cela, la fédération peut parfaitement organiser des championnats provinciaux et un championnat national unique. S'il n'y a qu'une seule fédération, un titre de « champion des Pays-Bas » signifie vraiment quelque chose. Les titres qui sont parfois distribués aujourd'hui comme « titres mondiaux » sont souvent appelés, au sein du milieu lui-même, des « chocolade belts » (ceintures en chocolat). Les médias n'en font rien du tout, et il est impossible d'expliquer au reste des Néerlandais que l'on compte cent champions de kickboxing dans la catégorie des moins de 70 kilos. Mais un véritable championnat national, cela intéresse bien Studio Sport, Ziggo Sport et d'autres. Et là, on attire des sponsors et l'on devient de plus en plus un sport accepté. On peut alors continuer à grandir. »

Début août, on a appris que le kickboxing figurait sur la liste restreinte des disciplines susceptibles d'être ajoutées au programme des Jeux olympiques de 2028 à Los Angeles. Que pensez-vous en lisant cela ?

« Ce serait quelque chose. Passer de paria du monde sportif à une reconnaissance olympique. Un scénario de rêve, digne de Hollywood. J'ai lu que la décision d'ajouter définitivement le kickboxing au programme serait probablement prise l'année prochaine. Veillons, aux Pays-Bas, à ce que nos affaires soient en tout cas vraiment en ordre, afin que cela ne puisse pas dépendre de nous. Une affiliation au NOC*NSF avec une fédération forte et unique aiderait selon moi réellement. Non seulement pour le sport aux Pays-Bas, mais aussi pour le rayonnement international de la discipline. Car soyez certains que l'on regarde toujours vers les Pays-Bas lorsqu'il s'agit de kickboxing. Ce serait tout de même formidable si nos meilleurs sportifs pouvaient y briller. Ce serait le couronnement du travail de toutes ces personnes qui s'engagent depuis des décennies pour les sports de combat. »

Photo : Peter Kwint (à gauche) avec Remy Bonjasky et la présidente du NOC*NSF Anneke van Zanen lors du Congrès de la Nederlandse Vechtsportautoriteit 2021
Photographe : Giovanni Tjin

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